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Dégât des eaux entre deux appartements : qui paie et comment être indemnisé ?

12 août 2026 12 min de lecture

Un dégât des eaux qui s'infiltre chez le voisin du dessous, ou qui descend de l'appartement du dessus, pose immédiatement une question d'argent : qui paie les réparations ? La réponse suit une logique en trois temps. Chaque occupant déclare le sinistre à son propre assureur. Une convention entre compagnies désigne ensuite un seul assureur pour gérer le dossier et indemniser, afin d'éviter que les parties se renvoient la responsabilité. La prise en charge finale dépend enfin de l'origine de la fuite : partie privative, partie commune ou installation d'un autre logement. Cet article détaille ce mécanisme pas à pas, pour le copropriétaire occupant comme pour le bailleur.

L’essentiel

En cas de dégât des eaux entre deux appartements, chacun déclare le sinistre à son propre assureur avec un constat amiable. Grâce à une convention entre assureurs, un seul assureur, dit gestionnaire, pilote l'expertise et l'indemnisation : en principe celui de l'occupant du logement sinistré. Qui paie dépend ensuite de l'origine de la fuite, privative ou commune.

Dégât des eaux entre deux appartements : qui paie, au fond ?

Celui qui paie, en principe, est l'assurance rattachée à l'origine de la fuite, mais ce n'est presque jamais la première chose qui se passe. Concrètement, chaque occupant touché déclare le sinistre à son propre assureur, et une convention entre compagnies organise ensuite l'indemnisation pour que la victime n'ait pas à courir après un responsable.

Il faut donc distinguer deux questions que l'on confond souvent : « qui m'indemnise, moi, rapidement ? » et « qui supporte la dépense au bout du compte ? ». La première relève d'un assureur unique, désigné pour gérer le dossier. La seconde dépend de l'endroit d'où vient l'eau : votre logement, celui du voisin, ou une partie commune de l'immeuble.

Le réflexe utile

Ne cherchez pas d'abord le coupable, protégez d'abord vos droits : coupez l'eau si possible, photographiez les dégâts, et déclarez à votre assureur. La recherche de responsabilité vient après, entre compagnies.

La première règle : chacun déclare à son propre assureur

Chaque personne touchée par le sinistre déclare à sa propre assurance habitation, et non à celle du voisin. Le locataire déclare à son assureur, le copropriétaire occupant au sien, le bailleur à son assurance propriétaire non occupant. C'est le point de départ de toute indemnisation.

Cette règle surprend souvent : on a le réflexe de vouloir se retourner directement contre celui « qui a fait la fuite ». Mais les contrats d'assurance habitation fonctionnent d'abord entre chaque assuré et sa compagnie. Ce sont ensuite les assureurs qui, entre eux, déterminent qui doit supporter la charge et exercent leurs recours.

Selon France Assureurs, la garantie dégât des eaux couvre les fuites, ruptures et débordements de conduites et d'appareils, ainsi que les infiltrations par la toiture. Encore faut-il déclarer dans les temps et documenter le sinistre : c'est ce qui conditionne une indemnisation rapide.

La convention entre assureurs : un interlocuteur unique

Pour éviter que chaque victime attende que les responsabilités soient tranchées, les compagnies appliquent une convention entre elles, appelée IRSI, en vigueur depuis 2018 pour les dégâts des eaux et incendies dans les immeubles. Son principe : désigner un seul assureur, dit « gestionnaire », qui pilote le dossier de bout en bout.

Cet assureur gestionnaire organise l'expertise si elle est nécessaire, chiffre les dommages et indemnise, à charge pour lui d'exercer ensuite les recours qui s'imposent contre les autres compagnies. Pour l'assuré, l'intérêt est direct : un seul interlocuteur, une seule expertise, un règlement plus rapide.

Cette convention ne lie que les assureurs entre eux : elle ne change pas les garanties de votre contrat, ni ce qui reste à votre charge. Elle organise seulement la gestion du sinistre. Au-delà de certains montants, ou pour les dossiers les plus lourds, le règlement sort de la convention et suit le droit commun.

Qui est l'assureur qui gère le dossier ?

L'assureur gestionnaire est en principe celui de l'occupant du logement sinistré. Si le logement est loué, c'est donc l'assureur du locataire ; si le propriétaire occupe, c'est le sien ; si le logement est vacant, c'est l'assureur du propriétaire.

La règle change lorsque le sinistre touche les parties communes : c'est alors l'assurance de l'immeuble qui prend la main. Cette désignation évite les allers-retours entre compagnies et donne à chaque occupant un point d'entrée clair, même quand plusieurs logements sont concernés en même temps.

À vérifier tout de suite

Demandez à votre assureur s'il est gestionnaire de votre dossier. Si ce n'est pas lui, il vous indiquera l'assureur qui pilote, et vous saurez à qui adresser vos justificatifs.

D'où vient la fuite ? La réponse change tout

Qui supporte la dépense finale dépend de l'origine de la fuite. Une canalisation privative de votre logement, une installation du voisin, ou un élément commun de l'immeuble n'engagent pas la même assurance. C'est le cœur du sujet, et souvent la source des litiges.

  • Fuite venant de votre installation privée (flexible, machine, joint) : votre responsabilité et votre assurance sont en première ligne.
  • Fuite venant du logement voisin : la responsabilité du voisin peut être engagée, son assurance appelée en recours.
  • Fuite venant d'une partie commune (colonne d'eau, canalisation encastrée collective, toiture) : l'assurance de l'immeuble intervient.
  • Origine indéterminée : la recherche de fuite tranche la question avant d'imputer la charge.

La frontière entre partie privative et partie commune n'est pas toujours évidente : une canalisation peut desservir un seul logement tout en passant dans un mur commun. En copropriété, c'est le règlement de copropriété qui fixe cette limite, et c'est lui qui sert de référence en cas de désaccord.

Tableau : origine du sinistre et assurance mobilisée

Le tableau ci-dessous croise l'origine de la fuite avec l'assurance concernée et l'assureur qui gère le dossier. Il donne une lecture rapide, à ajuster selon les contrats et le règlement de copropriété.

Origine de la fuiteAssurance concernéeQui gère / indemnise en premier
Installation privative de votre logementVotre assurance habitation ou PNOVotre assureur, comme gestionnaire
Installation privative du voisinAssurance du voisinL'assureur de l'occupant sinistré, recours ensuite
Partie commune (colonne, canalisation collective, toiture)Assurance de l'immeubleL'assureur de la copropriété
Logement loué, dommage lié au bâtimentPNO du bailleurL'assureur de l'occupant, puis recours vers le bailleur
Logement vacant entre deux locationsPNO du propriétaireL'assureur du propriétaire

Locataire, propriétaire occupant, bailleur : qui fait quoi

Le rôle de chacun dépend de sa position dans le logement. Le locataire assure sa responsabilité et ses biens ; il déclare le sinistre et sert souvent de point d'entrée quand c'est son logement qui est sinistré. Le propriétaire occupant, lui, cumule la position d'assuré et de responsable de son lot.

Pour le bailleur, la situation est plus subtile. L'assurance du locataire ne couvre pas tout : dès que le dommage vient du bâtiment lui-même, ou que le logement est vacant, seule l'assurance propriétaire non occupant (PNO) prend le relais. Nous détaillons ces angles morts dans notre article sur les cas où l'assurance du locataire ne protège pas le propriétaire.

En copropriété, ces assurances individuelles s'articulent avec celle de l'immeuble. La multirisque immeuble couvre la structure et les parties communes, tandis que chaque copropriétaire répond de son lot. Une lecture croisée des contrats évite deux écueils fréquents : payer deux fois le même risque, ou laisser un trou de garantie entre les contrats.

La recherche de fuite : qui la prend en charge ?

La recherche de fuite est l'étape qui permet de localiser l'origine du dégât, parfois derrière un mur ou sous un sol. Elle est souvent prise en charge par l'assureur qui gère le dossier, mais les règles de répartition ont évolué et dépendent des situations : local sinistré, local d'où vient la fuite, parties communes.

Ce point compte, car une recherche de fuite peut coûter cher et casser un revêtement pour accéder à la canalisation. Mieux vaut, avant d'engager des travaux, vérifier avec l'assureur gestionnaire ce qui est couvert et selon quelles modalités, pour ne pas avancer des frais qui ne seront pas remboursés.

Le constat amiable et les délais à respecter

Le sinistre doit être déclaré à l'assureur dans un délai qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, en application de l'article L. 113-2 du Code des assurances. Ce délai court à compter du moment où vous avez connaissance du dégât, pas de sa survenance.

Quand plusieurs logements sont concernés, le constat amiable dégât des eaux est l'outil central : il rassemble les coordonnées des occupants, décrit l'origine et l'étendue des dommages, et se transmet aux assureurs. D'après France Assureurs, ce constat s'adresse aux compagnies concernées dans les mêmes cinq jours ouvrés, et l'indemnisation intervient ensuite, généralement dans un délai d'un mois selon le contrat.

  • Coupez l'arrivée d'eau et limitez l'aggravation des dommages.
  • Photographiez les dégâts et conservez tout justificatif (factures, devis).
  • Remplissez un constat amiable dégât des eaux avec le ou les voisins concernés.
  • Déclarez à votre assureur sous cinq jours ouvrés et adressez-lui le constat.

Copropriété : l'obligation d'assurance qui protège chacun

En copropriété, l'assurance n'est pas seulement recommandée, elle est obligatoire. L'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965, issu de la loi ALUR, impose à chaque copropriétaire — occupant comme non occupant — de s'assurer au moins en responsabilité civile, et au syndicat des copropriétaires de s'assurer contre les risques dont il répond.

Cette double obligation, vérifiable sur Légifrance, explique pourquoi un dégât des eaux entre deux lots trouve presque toujours des assurances en face : celle de chaque copropriétaire pour son lot, celle du syndicat pour l'immeuble. Le bailleur, lui, satisfait souvent cette obligation par sa PNO, qui va au-delà de la simple responsabilité civile en couvrant aussi son bien.

Attention toutefois à ne pas confondre « être en règle » et « être bien couvert ». Une responsabilité civile minimale répond à l'obligation légale, mais laisse à votre charge les dommages à votre propre logement. La question utile n'est pas seulement « suis-je obligé ? » mais « qu'est-ce qui reste à payer si le sinistre vient de chez moi ? ». Nous consacrons un article entier à cette obligation et à ses limites : « l'assurance PNO en copropriété est-elle obligatoire ? ».

Franchise et vétusté : ce qui reste à votre charge

Même bien assuré, vous ne récupérez pas toujours la totalité de la dépense. Deux mécanismes réduisent l'indemnisation : la franchise, somme qui reste à votre charge à chaque sinistre, et la vétusté, qui tient compte de l'usure du bien endommagé au moment du dégât.

Les montants garantis, la franchise et les exclusions varient d'un contrat à l'autre. Certains contrats prévoient une garantie « valeur à neuf » qui limite l'effet de la vétusté sur les embellissements ; d'autres non. C'est précisément là que se joue la qualité d'une couverture, bien au-delà du prix affiché.

Le point qui coûte cher

Deux contrats au tarif proche peuvent laisser des restes à charge très différents après un dégât des eaux. Comparez les franchises, la prise en charge de la vétusté et la recherche de fuite, pas seulement la cotisation.

Pourquoi passer par un courtier

Parce que les garanties dégât des eaux, les franchises, le traitement de la vétusté et l'articulation entre l'assurance de l'immeuble, celle du locataire et la PNO varient sensiblement d'une compagnie à l'autre. Un courtier part de votre situation réelle — copropriétaire occupant, bailleur, immeuble entier — et met les compagnies en concurrence sur le bon périmètre. Il vous évite les doublons comme les trous de garantie qui se paient au premier sinistre. Si vous êtes bailleur, pensez aussi à sécuriser vos revenus avec une garantie loyers impayés, qui répond à un besoin distinct de la couverture des dommages ; en cas de défaut de paiement, notre guide détaille la procédure d'un loyer impayé avec une GLI.

Chez Assurez-moi, la recherche de contrats est gratuite : nous sommes rémunérés par les commissions des compagnies. Pour faire le point sur votre couverture en copropriété ou sur un bien loué, demandez à être rappelé.

À retenir

Cet article a une vocation d'information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les garanties, plafonds et exclusions dépendent de chaque contrat et de vos conditions particulières. La recherche de contrats est gratuite.

Questions fréquentes

Qui paie un dégât des eaux entre deux appartements ?

Au bout du compte, c'est l'assurance rattachée à l'origine de la fuite : votre logement, celui du voisin ou une partie commune de l'immeuble. Mais l'indemnisation passe d'abord par un assureur unique, dit gestionnaire, qui règle le dossier puis exerce les recours entre compagnies.

Dois-je déclarer le sinistre à mon assureur ou à celui du voisin ?

À votre propre assureur. Chaque occupant déclare à sa propre assurance habitation, même si la fuite vient de chez le voisin. Ce sont ensuite les compagnies qui déterminent entre elles qui supporte la charge et exercent leurs recours.

Qui prend en charge la recherche de fuite ?

Le plus souvent l'assureur qui gère le dossier, mais les règles de répartition dépendent des situations et ont évolué. Avant d'engager des travaux qui abîment un revêtement, vérifiez avec l'assureur gestionnaire ce qui est couvert et selon quelles modalités.

Un propriétaire bailleur est-il concerné par un dégât des eaux subi par son locataire ?

Oui, dans plusieurs cas. Dès que le dommage vient du bâtiment ou que le logement est vacant, l'assurance du locataire ne joue pas et c'est la PNO du bailleur qui prend le relais. La PNO couvre la responsabilité du propriétaire et son bien, là où l'assurance du locataire s'arrête.

Que reste-t-il à ma charge après indemnisation ?

Principalement la franchise prévue au contrat et, selon les garanties, une part liée à la vétusté du bien endommagé. Les montants garantis, la franchise et les exclusions varient d'un contrat à l'autre : c'est ce qu'il faut comparer avant de choisir, plus encore que le tarif.

Un besoin d’assurance ? La recherche de contrats est gratuite.

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